APPRENDS ET PARLE : LE PODCAST ! 

ÉPISODE 19 🎧​ "L'esprit de Noël en France 🎄TRANSCRIPTION

INTRO : Bonjour Ă  tous et bienvenue dans le podcast de APPRENDS ET PARLE. Je suis Amandine et je suis professeure de Français. J'enseigne le Français aux non-Francophones depuis 6 ans. 

Bonjour Ă  tous et Ă  toutes ! Et oui : c’est bientĂ´t la fin de l’annĂ©e, nous sommes dĂ©jĂ  dĂ©but dĂ©cembre et NoĂ«l approche. Je ne sais pas dans votre pays, mais ici en France ça s’est beaucoup rafraichi depuis le mois de novembre. Pour les tempĂ©ratures les plus basses, nous avons le matin entre 1 et 4 degrĂ©s Celsius – oui, depuis mi-novembre c’est comme ça – et sinon, l’après-midi, ça oscille entre 6 et 8 degrĂ©s. Je dĂ©teste le froid, ça c’est un fait, je prĂ©fère l’étĂ©, je sais qu’il fait plus froid dans d’autres pays t je suis dans le sud de la France donc je n’ai pas Ă  me plaindre Ă©videmment, mais il fait froid et on sent vraiment… nous ne sommes pas encore en hiver nous sommes en automne, alors imaginez les tempĂ©ratures hivernales. Eh bien moi je ne veux pas les imaginer, c’est une phrase rhĂ©torique. Non, n’imaginez rien, je ne veux pas l’imaginer, imaginons-nous sur une plage en Ă©tĂ©, Ă  siroter un cocktail, les vagues, la chaleur, le soleil, sauf que NoĂ«l approche et c’est ce dont je veux parler aujourd’hui dans cet Ă©pisode : NoĂ«l. Alors, vous pouvez vous visualiser sur une plage et vous pouvez visualiser un sapin de NoĂ«l, qui vous en empĂŞche ? Personne ! Vous pouvez visualiser un sapin de NoĂ«l sur votre plage avec un sapin de NoĂ«l mais j’ai besoin d’une visualisions avec un climat chaud parce que je ne supporte pas les climats froids.

NoĂ«l ! Alors, c’est peut-ĂŞtre un concept inconnu pour certains car en gĂ©nĂ©ral, seuls les ChrĂ©tiens cĂ©lèbrent la fĂŞte de NoĂ«l, parce que c’est censĂ© ĂŞtre la naissance de JĂ©sus Christ. Le Christ est supposĂ©ment nĂ© le 25 dĂ©cembre, ou du moins il a Ă©tĂ© dĂ©couvert par les 3 Rois Mages Ă  cette date, mais, ici je ne veux pas parler de religion, juste de la France et l’importance de NoĂ«l en France, ou du moins, les habitudes en France ou des français pendant cette pĂ©riode.

Mettons de cĂ´tĂ© les questions de croyances ou de religion et parlons simplement de la façon dont les français apprĂ©hendent, vivent et cĂ©lèbrent NoĂ«l. Comment ça se passe, en France ? Je vous dis tout aujourd’hui dans cet Ă©pisode !

Pour expliquer avec profondeur et justesse, je dois remonter Ă  mon enfance et… non, je rigole ! Ça ne va pas se transformer en sĂ©ance de thĂ©rapie. Du plus loin que je souvienne, NoĂ«l a toujours Ă©tĂ© liĂ© Ă  deux choses, pour les français : le Catholicisme et la famille. Normalement, Ă  NoĂ«l, on passe du temps avec sa famille et pour les plus fervents, les plus croyants, on assiste aux messes Ă  l’église. Je ne veux pas parler de religion ici mais nous devons juste penser Ă  une chose concernant la France, c’est que c’est un pays Catholique. Alors, cet aspect doit ĂŞtre mentionnĂ© si on explique NoĂ«l de façon culturelle ou historique. Mais aujourd’hui, je veux expliquer NoĂ«l de façon personnelle. Je voudrais vous dire ce qu’on voit, ce qu’on ressent, ce qu’on trouve aussi, dans les villes et les magasins, en France. A travers mes yeux de française, je pense que j’ai assez d’élĂ©ments pour vous offrir une immersion culturelle – je l’espère !

Pour moi, c’est naturel de parler de cette période parce que dès le mois de novembre, on est en immersion de Noël. Eh oui. Mi-novembre. En général, vers mi-novembre, on commence à trouver des chocolats de Noël dans les magasins, dans les supermarchés. On trouve aussi des cadeaux qui sont mis en rayons dans les boutiques. Pas plus tard que la semaine dernière, je suis allée dans un supermarché et ils avaient déjà installé les chocolats (kinder, Ferrero rocher, des papa noël en chocolat, etc) et ils avaient exposé dans le magasin des vêtements chauds comme des pulls, des gants, des écharpes, des chaussettes cosy et des cadeaux comme des sacs à main, des jouets pour enfants, etc… On commence très tôt à se mettre dans l’ambiance de Noël.

Ensuite, en ville, ils installent les dĂ©corations et les structures pour les attractions de NoĂ«l. Donc, en fait, dans chaque ville de France, normalement, vous avez des marchĂ©s de NoĂ«l. Alors, c’est quoi, un marchĂ© de NoĂ«l, c’est quoi le but ? Ça consiste en quoi ? Normalement du 1er dĂ©cembre au 1er janvier, pendant un mois complet, dans une ville, vous avez un marchĂ© de NoĂ«l. Donc, en gĂ©nĂ©ral vous avez des stands sur une grande place en ville et il y a des personnes qui sont souvent propriĂ©taires de boutiques locales ou qui fabriquent des produits locaux, qui viennent avec leur stand et qui exposent leurs produits aux potentiels clients. Donc, nous trouvons par exemple des personnes qui vendent des bijoux, de la nourriture comme du foie gras, du saucisson, des gâteaux, des fruits de mer, du vin chaud… Tout ce que vous pouvez trouver Ă  la table d’un repas de NoĂ«l. Donc, en fait, ces gens viennent exposer et vendent Ă  nous tous, aux visiteurs. En gĂ©nĂ©ral le marchĂ© de NoĂ«l, c’est gratuit, mĂŞme si certaines parties et les attractions ont un accès payant.

Par exemple ici, Ă  Carcassonne, nous avons plusieurs choses qui se passent en dĂ©cembre : en centre-ville, sur une place, il y a le marchĂ© de NoĂ«l avec des petits stands en forme de petits chalets avec des toits pointus, c’est très mignon, donc vous avez des stands avec des vendeurs de vin chaud, des produits locaux, etc. Et en gĂ©nĂ©ral les gens visitent et restent dehors, assis ou debout, et ils discutent entre eux, ils boivent – beaucoup -, ils mangent, etc… ensuite ici nous avons aussi de l’autre cĂ´tĂ© mais toujours en centre-ville, nous avons une grande roue et autour, au pied de la roue, nous avons des attractions pour les enfants, donc des manèges, comme des petits trains trainĂ©s par des rennes, les rennes du Père NoĂ«l qui avance doucement, mais c’est pour les petits enfants, nous avons aussi d’autres petits stands oĂą on peut acheter du chocolat chaud, des cafĂ©s, des churros, des beignets au nutella, etc… Je me souviens, une fois j’ai essayĂ© un panini au Kinder Bueno, je crois que ça coĂ»te entre 5 et 6 euros. Qu’est-ce que j’étais déçue ! J’imaginais une recette un petit peu plus, comment ? Un peu.. ben un peu travaillĂ©e en fait. Et je vois la femme qui vend le panini, elle prend un panini donc elle prend deux tranches de pain panini donc c’est un pain spĂ©cial sandwich, plus ou moins, elle prend, elle fait, non, elle prend le kinder bueno, deux kinders buenos, elle met le kinder bueno dans le pain Ă  panini, elle met ça dans une machine comme un grille-pain, je sais pas, elle appuie, elle ferme le couvercle donc elle Ă©crase le kinder bueno, elle Ă©crase mes deux kinders buenos dans le pain ! Sacrilège ! Elle Ă©crase ça, et elle le fait chauffer, et ensuite, elle le met dans un sachet avec une serviette et elle me le donne et je paie, je sais pas 5€, 4,80€, peut-ĂŞtre, pour ça. Et, autant le faire soi-mĂŞme ou autant acheter un kinder bueno parce que y a pas de sauce, y a pas de nutella, c’est un peu sec, c’est juste du pain avec deux kinders buenos Ă©crasĂ©s en fait et j’étais très suprise. J’ai dĂ©jĂ  racontĂ© cette petite anecdote dans une vidĂ©o YouTube que vous pouvez trouver sur ma chaine, j’étais pas choquĂ©e bien sĂ»r, je suis ouverte Ă  toutes les propositions culinaires mais j’étais vraiment surprise ! Donc voilĂ , vous pouvez acheter ce genre de choses. Mais je vais arrĂŞter la digression parce que sinon vous allez penser que je suis traumatisĂ©e par la pĂ©riode de NoĂ«l, je ne suis pas traumatisĂ©e par la pĂ©riode de NoĂ«l je suis traumatisĂ©e par le panini au kinder bueno. C’est dit ! Pardonnez-moi.

Ensuite, encore Ă  un autre endroit du centre-ville, vous avez une troisième attraction, mais je ne sais pas vraiment ce que c’est, c’est une sorte de trampoline gĂ©ant pour les enfants, je crois… y a plein de choses comme ça pour attirer du public et amuser les gens. Et faire rĂŞver les enfants. Oh, et nous avons aussi une grande patinoire ! Donc, si vous aimez patiner, faire du patin Ă  glace, nous avons une patinoire. Ah, et une autre chose encore, donc Ă  un quatrième endroit de la ville, mais lĂ  je crois l’accès est payant, vous avez une sorte de gros jardin magique de NoĂ«l, que j’ai dĂ©jĂ  visitĂ© il y a deux ans je crois, c’est un endroit oĂą il y a, par exemple, de grosses boules Ă  neige faites en plastique, comme des dĂ´mes en plastique, pour imiter les boules Ă  neige - vous savez les petites boules en verre que vous secouez et il  y a de la fausse neige avec du liquide Ă  l’intĂ©rieur, eh bien, donc, c’est reproduit en plastique, il n’y a pas de liquide bien sĂ»r, mais vous avez un dĂ´me en plastique, et Ă  l’intĂ©rieur vous avez des faux ours, des rennes, des choses mignonnes qui reprĂ©sentent NoĂ«l et c’est mĂ©canique, donc ça bouge. Et il y a des lumières, de la musique, ça fait rĂŞver les enfants, en fait. Des choses comme ça.

Ensuite pour la ville, il y a des dĂ©corations. Donc de grands sapins de NoĂ«l dĂ©corĂ©s ici et lĂ , des guirlandes dans les arbres, arbres qui n’ont plus leurs feuilles puisque c’est la transition automne-hiver, les boutiques qui dĂ©corent leurs façades et leurs vitrines, les monuments, comme le musĂ©e, qui Ă©clairent leur façade aussi avec des couleurs soit bleu, blanc , rouge pour imiter le drapeau français, soit aux couleurs de noĂ«l, donc dorĂ©, argentĂ©, blanc, rouge, vert, etc…. Donc vous voyez, la magie de NoĂ«l et l’ambiance est partout pendant un mois. D’ailleurs, toutes ces choses qui se passe en ville ici, tout ce programme fĂ©erique de noĂ«l, s’appelle « la magie de noĂ«l Â», Ă  Carcassonne et dans d’autres villes de France. Donc c’est vraiment quelque chose qui prend beaucoup de place dans le quotidien des français, pendant un mois, pendant la pĂ©riode froide et pendant cette pĂ©riode de NoĂ«l.

Ça, c’est pour l’aspect visuel, l’atmosphère d’une ville en France pendant la pĂ©riode de NoĂ«l. Mais : qu’en est-il de l’aspect Ă©motionnel, moral, culturel ? On fait quoi, pour NoĂ«l ?

La première chose, c’est se rĂ©unir. En effet, mĂŞme pour des gens qui ne fĂŞtent pas religieusement NoĂ«l, le 24 et le 25 DĂ©cembre sont souvent considĂ©rĂ©s comme les deux jours oĂą la famille se retrouve. C’est une tradition bien ancrĂ©e chez les français, mĂŞme si on ne s’entend pas bien avec sa famille, mĂŞme si on n’est pas catholique, c’est comme ça que ça se passe, donc, on ne rĂ©flĂ©chit pas vraiment, on passe Ă  l’action. On se rĂ©unit en famille pour NoĂ«l. On fait l’effort de rentrer dans sa ville d’origine, de prendre le train, mĂŞme si c’est bondĂ©, mĂŞme si y a des grèves et qu’on attend plusieurs heures, etc… Parce qu’il y a cette idĂ©e que “NoĂ«l, ça se passe en famille”. C’est un moment oĂą les gens essaient de mettre entre parenthèses le reste : les conflits, les soucis, la politique et si possible, de retrouver une forme d’unitĂ© ou de paix. Donc mĂŞme si vous n’aimez pas votre cousine, ou si vous ĂŞtes fâchĂ© avec votre père : vous faites un effort. Mais en gĂ©nĂ©ral, les repas finissent souvent avec un peu de tension, car les gens finissent toujours par parler de politique ! C’est, je crois que c’est la malĂ©diction du repas de NoĂ«l, alors je ne sais pas si c’est juste en France, je ne pense pas, honnĂŞtement, mais le repas de NoĂ«l et la politique, c’est vraiment quelque chose qui va de pair. C’est une association probablement culturelle, je ne sais pas, mais en gĂ©nĂ©ral vous ne pouvez pas avoir un repas de famille ou un repas de NoĂ«l sans discussion politique qui va mal finir. Mais ça c’est sĂ»r !


PrĂ©parer un bon repas, c’est aussi une manière de cĂ©lĂ©brer NoĂ«l, et on mange beaucoup. C’est un effort partagĂ© : quelqu’un apporte une bĂ»che pour le dessert, quelqu’un cuisine le plat principal, quelqu’un met la table, joliment, avec des petites dĂ©corations, de belles serviettes, des verres en cristal, etc, on trinque ensemble – donc « trinquer Â» ça veut dire, vous savez quand vous prenez deux verres et « t’chinc ! Â». On trinque ensemble, on apporte le foie gras, les cadeaux… On prend le temps, et ça, dans la culture française, c’est extrĂŞmement symbolique. Vous devez savoir qu’on prend le temps de manger, et on passe des heures Ă  table. Personnellement, je dĂ©teste ça, mĂŞme quand j’étais petite, passer trois heures Ă  manger, Ă  parler, Ă  rester assise… C’est pas vraiment mon truc.

Offrir un cadeau, c’est aussi une façon de vivre le NoĂ«l Ă  la française. Oui, on s’offre des cadeaux Ă  NoĂ«l.  Le cadeau n’a pas besoin d’être cher, rassurez-vous. En France, ce qui compte le plus, c’est la signification du geste : un livre choisi soigneusement, quelque chose de fait maison (ou fait main), un rappel Ă  une blague partagĂ©e, par exemple acheter un T-shirt ou un tablier Ă  quelqu’un avec une phrase un peu ridicule dessus, ou une illustration gĂŞnante… un truc humoristique. Mais les cadeaux c’est hyper important pour les enfants, surtout. Les enfants croient au Père NoĂ«l, au Papa NoĂ«l et ils attendent avec impatience leurs cadeaux au pied du sapin. Donc, il y a les cadeaux de la part de la famille : les oncles, les tantes, les frères, les sĹ“urs, les grands-parents, le beau-père, la belle-mère, mais ensuite il y a le cadeau du père NoĂ«l, et ça il ne faut pas l’oublier le père noĂ«l va passer et les enfants adorent laisser des petits biscuits au père NoĂ«l et souvent, en gĂ©nĂ©ral, un verre de lait. Et le lendemain quand ils se lèvent, les gâteaux, les biscuits ont disparu, l’assiette est vide, et le verre de lait a Ă©tĂ© bu, et ça, ça veut dire que le père NoĂ«l est passĂ©. Alors, en gĂ©nĂ©ral, la lĂ©gende dit qu’il passe par la cheminĂ©e, et si on n’a pas de cheminĂ©e, il peut passer par la porte d’entrĂ©e, par la porte du jardin, on n’entend jamais le père NoĂ«l, il est très discret et on n’a pas entendu la porte d’entrĂ©e, on n’a pas entendu la sonnette a deux heures du matin mais le père NoĂ«l est magique, le père NoĂ«l a des pouvoirs, et il ne fait pas de bruit, jamais, mais il viendra toujours apporter un cadeau, toujours. MĂŞme s’il doit faire ça en une nuit, mĂŞme s’il a beaucoup de commandes, mĂŞme s’il reçoit beaucoup de listes, le papa NoĂ«l ne vous oubliera jamais si vous ĂŞtes un enfant et ça c’est très important, mĂŞme en France, surtout en France, le père NoĂ«l c’est aussi important que JĂ©sus : c’est le père NoĂ«l et on aime tous le papa NoĂ«l.

 

NoĂ«l rĂ©veille aussi beaucoup de souvenirs en France, pour les français : les NoĂ«ls d’enfance, les grands-parents, les traditions familiales… C’est souvent un moment très nostalgique, On se rappelle : comment on fĂŞtait NoĂ«l petit, les personnes qui ne sont plus lĂ , les objets ou les rituels qui se transmettent… Cette dimension de mĂ©moire est très forte aussi, en France. Donc, ça ne se voit pas nĂ©cessairement, mais le fait qu’on se rĂ©unissent tous, tous les ans, c’est la preuve, quand mĂŞme, que c’est ancrĂ© dans la tradition française et dans le cĹ“ur des gens. C’est quelque chose de très sensoriel, affectif : on cherche un foyer, un endroit chaleureux, une bulle de bienveillance et de partager des moments ou de revoir des gens qu’on apprĂ©cie ou avec qui on essaie de faire un effort le temps d’un week-end, pour repartir sur de bonnes bases et Ă©viter les conflits.

Pour certains, NoĂ«l est un moment de solidaritĂ©. Il y a aussi une dimension morale plus large. Et si vous regarder les informations Ă  la tĂ©lĂ©, en France, vous pourrez voir par exemple des sujets autour de la pĂ©riode de noĂ«l, tels que : le bĂ©nĂ©volat (ça inclus les enfants, les personnes âgĂ©es, les sans-abris, les animaux aussi, les enfants malades), les appels aux dons, donc des associations demandent de l’argent pour aider justement Ă  financer certaines dĂ©marches sociales. Des invitations d’amis isolĂ©s (on peut crĂ©er une initiative sociale ou locale et inviter des gens qui n’ont pas de famille ou d’argent ou de relations sociales et les aider Ă  se sentir moins seuls).  NoĂ«l est associĂ© Ă  l’idĂ©e qu’on doit penser Ă  ceux qui sont seuls ou dans le besoin.
C’est moins institutionnalisé qu’aux États-Unis, mais c’est très présent en France quand même. Je sais que les français sont assez réservés, on semble froids, émotionnellement, mais non. C’est de la pudeur, de la timidité émotionnelle, peut-être, mais beaucoup de gens en France travaillent dans le social et prennent plaisir à aider les plus démunis, donc ceux qui n’ont rien du tout.

Donc, pour l’instant, je rĂ©sume en France : nous avons un aspect festif et visuel avec : des marchĂ©s de noĂ«l et des dĂ©corations et des attractions. Et nous avons le cĂ´tĂ© Ă©motionnel avec le bĂ©nĂ©volat et les rĂ©unions de famille.

Maintenant, pour le cĂ´tĂ© culturel et historique, je dois vous rappeler quelque chose quand mĂŞme : la France a toujours Ă©tĂ© et est toujours un pays catholique. Donc, mĂŞme si on n’est pas baptisĂ©, mĂŞme si on n’est pas profondĂ©ment ChrĂ©tien (si on ne va pas Ă  l’église tous les dimanches, si on ne prie pas tous les jours, si on ne pense pas Ă  la religion chaque semaine…), les français sont catholiques. Pas tous, mais c’est un pays Ă  majoritĂ© catholique. Donc, nous avons aussi tout cet aspect qu’on ne peut pas oublier. Toutes les choses qu’on vit Ă  NoĂ«l, viennent historiquement, religieusement, culturellement de l’aspect catholique du pays. JĂ©sus, Dieu, la messe de minuit le soir de NoĂ«l, etc… D’ailleurs, on fĂŞte NoĂ«l et on finit par oublier pourquoi, parce que c’est devenu tellement naturel et tellement culturel en France… Mais en fait, la source de la fĂŞte de NoĂ«l : c’est la naissance du Christ. Donc, quand on compare avec d’autres pays non catholiques (les musulmans, les bouddhistes, etc), on voit vraiment que la source religieuse est lĂ . Et ça, on ne peut pas le nier. Moi, ça ne me dĂ©range pas, car c’est mon pays et ma culture, j’adore NoĂ«l, j’adore l’ambiance de NoĂ«l, j’aime profiter des rues illuminĂ©es, etc… Donc, j’aime profite de ça et de l’aspect amusant et social de NoĂ«l. Pas le cĂ´tĂ© religieux nĂ©cessairement (je ne vais pas Ă  l’église), mais, j’aime ça. Et j’imagine mal un mois de DĂ©cembre en France sans aucune cĂ©lĂ©bration de NoĂ«l. Pour moi, c’est impossible. En plus je ne suis pas fan de l’hiver et du froid, et ça m’aide Ă  tenir le coup, en DĂ©cembre et Janvier, au moins je me dis que j’ai une raison d’apprĂ©cier le climat froid et j’ai une raison pour sortir, par exemple. Donc pour moi, c’est un bĂ©nĂ©fice social, culturel, une bonne ambiance et un cĂ´tĂ© un peu cosy dans cette pĂ©riode de froid polaire, parce que moralement, personnellement, je dĂ©teste le froid et c’est dur de trouver la motivation et l’amusement, la joie, quand il fait zĂ©ro degrĂ© ! Donc, j’ai besoin de NoĂ«l ! Laissez-moi mon NoĂ«l.

Pour l’aspect gustatif, ensuite, Ă  NoĂ«l, en gĂ©nĂ©ral, on mange des plats assez types, bien sĂ»r ça dĂ©pend du budget, de chaque famille, mais en gĂ©nĂ©ral, une entrĂ©e typique comporte : du foie gras sur des petits toasts ronds, ou du saumon fumĂ©, des huĂ®tres ou des fruits de mer. Le plat principal comporte : de la dinde ou du chapon, dans certaines rĂ©gions, on va utiliser une oie. Aussi, on a du bĹ“uf, du veau, du porc ou du gibier (comme du sanglier, du chevreuil, etc). Après pour les accompagnements, on peut trouver des lĂ©gumes, des marrons, des châtaignes, des pommes de terre ou des pommes dauphine (les pommes dauphines c’est quoi ? Ce sont comme des frites pour la texture, mais c’est rond, pas long. C’est rond comme des petites boules de pomme de terre Ă  l’aspect frites. C’est super bon), des haricots verts, des carottes… Du fromage pour la fin du repas, et en dessert en gĂ©nĂ©ral, on a la BĂ»che de NoĂ«l. Donc la bĂ»che pâtissière, donc faite en gâteau, donc ben c’est une texture, pas biscuit, gâteau, donc en gĂ©nĂ©ral c’est moelleux, c’est mou, ou glacĂ©e. Personnellement, je suis pas fan de la bĂ»che et manger une bĂ»che glacĂ©e, donc une glace, une glace en format gâteau, vous visualisez la bĂ»che ? En plein mois de dĂ©cembre, manger une glace, je vois pas l’intĂ©rĂŞt. Pourquoi se faire souffrir ? Personnellement, je… la bĂ»che glacĂ©e c’est pas du tout mon truc mais ça fait partie du dessert typique de Noel, la buche, vous ĂŞtes pas obligĂ©(e) de l’acheter glacĂ©e, mais pourquoi se faire souffrir en hiver en mangeant de la glace ? Donc, nous avons aussi du chocolat, des fruits secs, etc. ça dĂ©pend vraiment des familles. Et pour les boissons, on a en gĂ©nĂ©ral : du vin rouge ou blanc. J’ai rarement vu de la bière, c’est trop classique. C’est pas un match de foot, c’est NoĂ«l. C’est pas le meilleur pour accompagner les viandes, et franchement, c’est pas très chic. Donc souvent c’est : du champagne - peut-ĂŞtre, ça dĂ©pend les familles et les budgets - ou du vin – donc rouge, blanc, rosĂ©, pour ceux qui prĂ©fèrent.

VoilĂ  pour ce long Ă©pisode sur noĂ«l en France. Pardonnez-moi pour les digressions, mais vous savez quoi ? le fait de digresser comme ça, eh bien, ça rend le podcast plus humain et authentique, et ça me fait plaisir si je peux partager quelque chose avec vous si je peux m’ouvrir un peu en tant que française, parce que ça me fait plaisir. Donc rappelez-vous : NoĂ«l c’est un moment de rĂ©union familiale, qui souvent, termine en conflit Ă  cause des conversation politiques. Je ne peux pas mieux le rĂ©sumer, en gĂ©nĂ©ral, huit fois sur dix, ça termine en conflits, pas des gros conflits, mais souvent, ça clash Ă  cause de ça. Et c’est culturel, c’est apprĂ©ciĂ© des français et on mange bien Ă  noĂ«l. Et on Ă©vite de passer NoĂ«l avec ses amis : c’est fait pour la famille, pas pour les amis.

J’espère que cet Ă©pisode est informatif, Ă©ducatif, agrĂ©able, et je vous remercie de rester avec moi et d’écouter mes Ă©pisodes, merci Ă  tous les abonnĂ©s sur Spotify et je vous rappelle que les transcriptions gratuites des Ă©pisodes sont disponibles sur mon site internet. Et j’ai aussi YouTube et Instagram. Donc vous pouvez me trouver partout, sur tous les rĂ©seaux sociaux !

Merci Ă  tous, Ă  bientĂ´t et surtout : Joyeux NoĂ«l ! Oh, oh, oh !